Depuis quelques temps, des rumeurs circulent sur l’existence d’un plan B au sein du parti Pastef en prévision de l’élection présidentielle de 2024.
Pour le moment, les responsables du parti nient catégoriquement cette possibilité. Cependant, il est légitime de se demander si Pastef peut réellement se permettre d’avoir un plan B. La figure de Sonko est si centrale qu’il est difficile d’imaginer quelqu’un d’autre le remplacer.
Pourtant, contrairement à d’autres partis politiques, Pastef avait la chance de bénéficier d’une véritable démocratie interne.
Malheureusement, le “projet” s’est en partie transformé en culte de la personnalité. Les surnoms tels que Pros (Président Ousmane Sonko) ou “Mu sel mi” (le vertueux) ne sont rien d’autre que des exemples de l’icône qu’il est devenu. Il lui suffit de déclarer dans une interview qu’il mange des beignets “dugub” (à base de mil) au petit-déjeuner pour que ce produit devienne prisé.
Quand il porte un bonnet, les jeunes le suivent. Lorsqu’il s’entraîne, cela donne lieu à des défis sur les réseaux sociaux.
Ainsi, tandis que le leader continue son ascension, son entourage reste dans l’ombre. Seul Sonko suscite une mobilisation. Pour illustrer cela, Bassirou Diomaye Faye, l’ancien numéro deux du parti, est en prison depuis des mois sans que cela ne provoque aucune réaction significative. Birame Souleye Diop l’a rejoint en prison sans susciter une mobilisation d’envergure.
Cette attitude donne l’impression que les responsables du parti ne sont que des roues de secours. À ce jour, presque aucun autre leader n’émerge. Le rôle de chef du parti semble trop important pour Abass Fall, El Hadji Malick Ndiaye et les autres.
Seul Birame Souley Diop semble se démarquer, étant maire et président du groupe parlementaire Yewwi Askan wi. Et pourquoi ne pas envisager Guy Marius Sagna, député et adjoint au maire de Ziguinchor ?
En vérité, ces profils ne sont pas à la hauteur d’une élection présidentielle. Alors que Barthélémy Dias pourrait devenir un sérieux candidat pour Taxawu et que l’APR dispose d’une liste restreinte de potentiels candidats (Ba, Diallo, Dionne…), Pastef ressemble davantage à Rewmi où il n’y a pas de leader d’envergure en dehors du patron, Idrissa Seck, entouré de ses proches.